Je fais une promenade de 2 ou 3 km tous les soirs, à la brunante. C'est très plaisant, et ça me force à respirer. La saison s'y prête bien, tout est vert tendre, la température parfaite. Je marche en me disant que chaque pas sur cette planète est un miracle. Et je pense: je me sens vraiment heureux, comme un état de grâce, je le pense réellement; ce n'est pas juste une phrase pour me rassurer. C'est étrange, parce que je n'aurais jamais imaginé que dans une situation comme la mienne, on puisse ressentir les choses de cette façon. Mouvementées, les dernières semaines, la dégringolade continue! Etant donné l'effondrement de l'espoir pour un traitement en radio/chimio, il a bien fallu se rabattre sur un nouveau protocole de chimio appelé Taxotère. Dr Florescu m'avait aussi proposé le Tarceva, mais ça ne me plaisait pas, sentiment arbitraire et fondé sur des lectures de forums populaires, mauvais feeling, médicament pour cadavres ou pas loin. Mais taxotère a été particulièrement pénible, pas tant à cause des effets secondaires qui sont supportables, mais à cause des prémédications puissantes de corticoïdes qu'un bipolaire comme moi a vraiment de la difficulté à contrôler. Ce qui nous a mené un samedi- dimanche aux urgences , avec crises d'hallucinations, troubles de la perception et dépression. Je ne vais pas entrer dans le détail, mais c'était tellement long que la crise a cessé spontanément et nous sommes rentrés è la maison. J' ai longuement parlé avec Jeanne Poirier, mon infirmière pivot, de ce passage aux urgences et elle a compris très vite que ce n'était pas tant l'urgence psy dont j'avais besoin, mais de rencontrer une ressource en psychologie spécialisée en oncologie pour vider mon sac. La magie de l'interdisciplinarité! Et c'est comme ça que je me suis retrouvé à l'étage de l'unité des soins palliatifs (rassurant) pour mon premier rendez vous avec le Dr Lucie Martin. Je crois que Jeanne a eu une idée de génie. Enfin, pour la première fois depuis le début de la maladie, la parole a permis d'ouvrir les vannes en grand et de porter un regard plus global sur toute cette aventure, cette vie,cette maladie et ses causes profondes. Puis j'ai passé un nouveau scan, le 11 mai, pour voir ce qu'avaient apporté 2 cycles de Taxotère. Visite chez l'oncologue le 14 mai: Dr Marie Florescu a un air désolé et me dit:" Mr Caspar, j'ai pas des bonnes nouvelles pour vous. Premièrement on arrête le Taxotère, qui n'a pas fonctionné dans votre cas. Deuxièmement, l'ensemble de vos tumeurs a progressé de 20% en six semaines." Plutôt inquiétant!(20% x 6 mois= bye bye pour moi!) "Je vais vous prescrire le Tarceva. Il y a des gens comme vous, chez qui ça ralentit vraiment la progression et augmente significativement la durée de vie". Dans huit semaines, on aura une idée si la maladie répond ou non. Et je m'embarque avec le Tarceva.
En vacances de blog pour un bon bout de temps
Radiothérapie et micrométastases, pour moi, ça ne fonctionne pas!
Pour clore cette démarche, demain je recommence un protocole d' injections de chimio et je dis adieu à l'idée même de la radiothérapie qui était la seule ouverture que j'ai croisée pour une guérison. J'ai raté l'examen comme un cancre (il cancro, en italie, c'est le cancer). Il ne me reste que les poisons en intraveineuses, les jus palliatifs,, les briques du Dr Florescu et ça c'est moins hightech, moins drôle. Je doute sincèrememnt d'une véritable issue favorable à moyen terme, une survie à rallonge dans le meilleur des cas.
Pourquoi pas la contourner, cette montagne...
Pour la nouvelle, pas d'inquiètude. Il faudra bien la digerer! je suis déjà bien en train. Apprendre à fonctionner avec des nouveaux paramètres, une echéance possiblement réduite, une vision qui se concentre sur le présent. Mais je me connais, je vais tirer le maximum de la situation, pas d'angoisse. Et je suis toujours aussi solide qu'avant. Sincèrement, en deux ans et demi, j'ai appris à vivre avec, donc, je vais continuer à vivre avec. Mais j"aurais bien essayeé le barbecue gamma, juste pour voir. Remaque que ça aussi, c'est risqué avec un gros cancer, on peut en mourrir, on peu se retrouver avec des dommages permanents , faire une pneumopathie radique qui peut durer des années, et plein d'autres délicieux petits dommages collatéraux, Alors, je me dis qu'il n'y a pas que du bon, pour me consoler...Je crois avoir récupéré mon capital d'énergie, et nulle déprime ne viendra m'enpêcher d'être serein, calme, disponible et positif Merci pout ta présence, j'aime beaucoup ça.
Mauvais temps sur la face Nord-Est
En effet, des micro-metastases présentes dans les ganglions suspects rendent improbables ce traitement que j'espérais tant. Il y a eu migration par voie lymphatique. Trouver une autre voie, attendre une autre saison, une autre vie peut-être. Il va falloir que je m'abonne encore au "lazyboy" et aux injections de poisons palliatifs. C'est tout.
Et puis digérer la nouvelle, ça va prendre quelques jours, parce que j'étais bien excité face à cette perspective. Mais comme dit Jeanne Poirier, mon infirmière-pivot, cette maladie est ponctuée de bonnes, moins bonnes et mauvaises nouvelles. Devinez la réponse pour aujourd'hui. Accepter bien sûr, mais parfois c'est vraiment chiant.
C'est tout pour aujourd'hui.
750 jours aprés le diagnostic, je commence à y croire!
Encore quelques dizaines de mètres sur ce chemin rocailleux avant de parvenir au dernier campement pour l'ascension finale. Ce petit film pour illustrer la métaphore de l'Everest qu'un de mes ami,Gérard the biker , faisait récemment à propos de mon probable futur parcours. Cela m'a fait beaucoup réfléchir et je crois que les 26 derniers mois constituent l'approche de ce sommet avec les différents camps ou étapes.
Finalement, j'ai décidé définitivement d'adopter cette métaphore de l'ascension pour me motiver dans ce prochain bout de chemin (peut-être pas le plus confortable). Chaque jour, chaque heure, je sais que tout peut encore foirer (mais je crois que je saurai aussi composer avec ça).
En deux mots: je pense que je commence vraiment à y croire, alors que jusqu'à présent, l'objectif était de durer le plus longtemps possible.
Tu dois penser que je commence à devenir dingue, ou peut-être que je rêve en couleur., mais si je ne rêve pas, alors, je suis mort!
L'apprentissage de la patience!
Unfortunately.....
Tout était beau, cerveau, fonctions respiratoires, lésions connues presque stables, super,
mais il a fallu qu'ils trouvent 2 petites lésions suspectes le long de l'aorte sud, prés du rein, côté gauche.
Pour l'instant rien ne prouve que ce soit cancéreux, mais ce sont encore des examens, de l'attente, du stress et surtout, pas encore de radiothérapie .Mais je garde le moral, c'est comme diffèrer le lancement d'une navette spatiale à cause d'un petit orage.
Ben voilà , pas facile de voguer ainsi sur les eaux instables de l'impermanence
le dragon n'est pas si facile à dompter !!
Marcher au soleil, regarder les gens, aimer les nuages...
Hypnothérapie: entre le corps et l'esprit...
Veronique Mark-Baumann

Conférence sur l'interdisciplinarité en oncologie
Université de Montréal, le 18/03/2009
http://www.iintrigue.com/
Enfin, ça bouge!
Une nouvelle direction...
J'étais voir mon oncologue jeudi et ça s'est bien passé. Les lésions n'ont pratiquement pas bougé depuis la fin de la derniere chimio, ce qui est évidement une bonne nouvelle, donc aucun traitement de prévu pour les prochaines semaines ou mois. Un nouveau scann dans deux mois, et on verra si la stabilité persiste encore.
J'ai demandé à mon médecin s'il n'y avait pas moyen de traiter par la radiothérapie (on m''a déjà refusé cette option, à cause d'une métastase au fond du poumon, à deux reprises), et elle m'a envoyé chez le Dr Edith Filion, radio-oncologue.Le hasard veut que nous soyons tous les deux intervenus, chacun dans son domaine bien sûr, lors de cette conférence particuliérement intéressante sur le cancer du poumon au Chum. Le courant a passé et nous avons discuté. Elle m'a dit qu'elle voulait du temps pour étudier le dossier (assez épais maintenant), et évaluer s'il y a possibilité de faire queque chose en radiothérapie. Elle a dit aussi qu'elle ne me traiterait que s'il y avait des chances de guérir. Donc , je saurai jeudi prochain si cette possibilité est réaliste.
De l'espoir quand même et peut-être une nouvelle ouverture, inattendue. L 'éventualité de la radiothérapie pourrait vraiment faire la différence.
Une autre chose que j'ai apprise lors de cette conférence, c'est que la mortalité la plus élevée de ce cancer était dans la premiere année, qu'elle diminuait légèrement la deuxième etc...Encourageant, non?
HIER JEUDI:
Le Dr Filion, dont j'ai parlé, m'a dit que si j'étais prêt , à m'engager dans cette voie, elle, de son côté, était prête à passer à l'action. Six semaines de traitements lourds en radio, quotidiens, à forte dose, accompagnés d'un chimio lourde concomittente. Elle prévient que ça risque d'être pas si facile, qu'il y a certains risques, cardio, pneumo, mais qu'il y a, et c'est la première fois qu'on me dit ça, réelle posibillité de guérison. Ça. c'est nouveau, parce que les traitements que j'ai eus avant étaient à visée palliative. Un mois de préparation, PETscan, moulages et simulation et on commencera les traitements, j'en déduis qu'après une convalescence de un à deux mois environ, je ne sais pas exactement, avec de la chance et si je tiens le choc, dans quatre mois, je pourrai peut-être me retrouver avec un petit dragon en très piteux état dans le thorax. Ne pas rêver, bien sûr, mais un peu quand même.
Alors voilà, il y a de l'espoir, ça ne sera pas gratuit, effets spéciaux garantis, ça fait un peu peur mais je suis évidement preneur......Ça ne se refuse pas.
Tout ça à condition qu'on ne trouve, bien sûr, lors des examens de ce mois, aucune autre lésion cancéreuse nulle part ailleurs, et que mes capacités respiratoires et cardiaques soient compatibles avec ce genre de sport extrême.
Vacances thérapeutiques
La solution qu'on me proposait pour la suite du traitement, et qui me semblait intéressante m'a finalement été refusée, avec pour argument le fait que je semblait ne pas suffisamment bien tolérer la chimiothérapie Sutent. Donc le protocole de recherche va sans doute prendre fin ici, après six mois de traitement et un de plus pour redescendre sur terre. Les résultat de cette combinaison n'ont d'une part pas donné des résultats extraordinaires et d'autre part, l'expérience à été assez pénible. Un point positif, c'est que les tumeurs et ganglions ont à peine grossi de quelques millimètres. Finalement, le Dr Florescu va me laisser tranquille jusqu'à fin janvier et refaire un scan à ce moment là. Là, elle réévaluera la situation et prescrira le traitement qui sera le mieux adapté. Pour ma part, je suis vraiment content de ne pas devoir me taper un autre produit toxique pendant la période des fêtes et les grands froids. Je suis certain aussi que mon corps et mon système immunitaire a vraiment besoin de ce repos. De plus, il existe encore un certain choix de molécules pour ralentir la progression de la maladie.
CHIMIOTHÉRAPIE: Après la pluie, le beau temps
Lorsque, enfin, on arrive au terme du traitement, on s'attend à ce que ces inconvénients disparaissent le plus tôt possible, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. En ce qui me concerne, certains effets secondaires ont disparus dans les jours qui ont suivis, je pense au diarrhées, aux maux de gorge, les perturbations intestinales qui duraient depuis des mois, d'autres, comme les perturbations du goût, inconvénient non douloureux, mais pas mal démoralisant, et le saingnement regulier du nez ont mis plus deux semaines pour commencer à disparaître, Une fois ce cap passé, place au plaisirs du palais. On retrouve le plaisir de manger, de goûter, c'est extrordinaire. L'absence du goût est pénible, parce quelle entraîne le manque d' apétit, la perte de poids, la fatigue et la déprime.
Enfin, il y a d'autres effet, comme les oedèmes, qui peuvent mettre bien plus longtemps à se résorber, très progressivement.
Ce que je veux dire, c'est que indépendamment du problème du cancer, les inconvénients liés à la chimiothérapie de longues durée occupent beaucoup de place dans le quotidien. Mais quand ça s'arrête, la sensation de plaisir est proportionelle aux inconvénients subis. Ce qui me marque le plus, c'est la bouffe. Tout était répugnant pendant les traitements, je n'avais jamais faim et en une dizaine de jours, j'ai pu retrouver les sensations et les plaisirs de tous les aliments. Cela peu sembler peu de choses, mais c'est aussi le bonheur, une sorte de renaissance.
Pas tellement plus avancé qu'avant....
MAI-OCT 2008:
NOUVEAUX TRAITEMENTS, NOUVEAUX ESPOIRS.
Mes deux anges gardiens, Chantal Gosselin et Marie-Josée, toutes en douceur
Le protocole de recherche
Voici l'option que m'a proposée mon oncologue,le Dr Normand Blais du CHUM, directeur de recheche (Protocle Pfizer A6181084)
De quoi s'agit-t-il? Une chimiothérapie éprouvée dans les cas de mésothéliomes (cancer de l'amiante) traitée au PEMETREXED associé au SU011248, administrée à des patients présentant des tumeurs malignes solides (poumon uniquement) à un stade avancé (protocole Pfizer A618 1084)
Le SU011248 est un nouveau médicament approuvé dans le traitement d'autres types de cancer. Il tue les cellules cancéreuses, ralentit la croissance tumorale et la croissance des nouveaux vaisseaux. L'inoccuité (la sécurité) et l'efficacité de ce produit, en association avec le PEMTREXED, n'a pas encore été démontrée. Et le programme comporte certains risque,limités pa la compétence de l'encadrement exceptionnel et des moyens mis en oeuvre, mais ils existent et je les accepte.
Environ 100 sujets, hommes et femmes, d'au moins 18 ans, participeront à cette étude, dont 10 au CHUM de Montréal. L'étude se déroulera dans 3 centres aux États-Unis et au Canada .
Maximum 8 cycles(environ 6mois) avec SU011248 et PEMTREXED, plus un mois d'évaluation et contrôle. Même pour le patient, ce protocole est relativement contraignant et demande de la rigueur et de l'implication
Après l'admissibilité, évaluée sur divers critères médicaux et psychologiques, les traitements ont très vite commencé, il y avait urgence. Un calendrier précis des suivis et posologies, contrôles sanguins, tomo-densitométrie, examen physique devrait permettre de suivre en détail l'évolution du processus.
Voir REPORTAGE ENJEUX 1 - 2 - 3 - 4 - 5
Il fallait être conscient qu'il y allait avoir des coups de grain, des tempêtes, des avaries, des requins, mais parfois aussi du soleil, du temps clément, du bon vent pour avancer dans la bonne direction. Armé de ce concept, je me suis senti prêt à affronter les "50ème Rugissants" de ma vie (comme dit si bien mon ami Claude), sans aucune garantie de résultat, mais confiant, serein, presque fort! Dans de nombreuses circonstances, j'ai utilisé cette image pour m'encourager, pour situer ma position, pour fixer l'horizon. Cette image simple a été parfaite, et comme je ne suis pas entièrement guéri, je suis prêt a récidiver, coté Pacifique. De toute façon, dans ces situations là, il n'y a pas grand chose à perdre! Et c'est de façon intuitive et personnelle que j'ai opté pour cette approche, par la métaphore. C'est sûr que j'aurais pu choisir un voyage intergalactique, une aventure himalayenne, un voyage au centre de la terre. Le terrain de l'aventure n'est pas trop important, c'est l'aventure qui l'est.Une série impressionnante de tests, de scans divers, de radiographies, biopsies ont occupé les trois premiers mois suivant le premier diagnostic. De façon désolante et presque systématique, à chaque examen correspondait une mauvaise nouvelle, une lésion supplémentaire. Tempête à l'horizon....
ET POUR CHANGER DE DIRECTION...
Une fois le cap des doutes sur la pertinence des soins dépassé, je devenais impatient de tester mon équipement, c'est à dire de passer à l' étape des traitements. J'ai eu alors une autre idée qui allait être décisive dans cette lutte: Je me suis fais une liste exhaustive des projets que j'aimerais encore pouvoir réaliser de mon vivant. Il faut dire qu'à ce moment là, la vision que j'avais de mon espérance de vie n'était pas très vaste, mais j'avais décidé de faire avec! Quelques exemples de ces " projets": Je voudrais encore pouvoir:-pratiquer une discipline pour apprendre à combattre la maladie intérieurement
-Faire un film d'animation
-Sauter en parachute
-Finaliser mon univers virtuel, en programmation Blitz
-Apprendre à me servir du logiciel d'animation T....
-Faire un court métrage vidéo
-Faire de la peinture à l' huile sur toile
-Apprendre les maths spécifiques à la physique
-Comprendre le bouquin de Kant sur l'istoire de l'Univers
-Trouver un peu de temps pour d'autres pauvres types comme moi!!!-Faire un beau voyage avec ma conjointe, pas forcément au bout du monde, mais rêver encore
- etc....
Bref, des tous petits et des trop grands projets, tout ça pêle-mêle.....
RÉALISER NOS PROJETS...
Deux projets me semblent intéressants à exposer ici: Le travail de vidéo et la peinture.Ma vidéothérapie est née du cadeau que m'a offert ma conjointe pour ce « Noël un peu noir ».Ma conjointe a visé juste en m'achetant une petite caméra, à priori pour accumuler des souvenirs, et la grande découverte pour moi, fut la possibilité de filmer en vidéo, chose que je n'avais jamais eu le temps de faire. Le fruit de cette démarche, c'est une bonne douzaine de petits films sans autre prétention que d'être thérapeutiques, un prétexte à se distaire, un moyen de visualiser et de communiquer aux autres ce qui se passait dans mon esprit, un regard personnel sur la maladie , sur le temps qui fuit, sur la vie, les amis à qui on veut se confier, les liens qu'on veut dénouer, enfin une remarquable manière de chasser angoisses et idées noires, tourner en dérision cette maladie, dédramatiser et aborder la situation par l'humour. C'est du temps passé à faire avec passion autre chose que de broyer du noir ou de s'apitoyer sur son sort. Et ça marche, c'est formidable! La peinture, que j'ai souvent rêvé d'exercer m'a permis de profiter au mieux de ces vacances forcées et de faire fructifier ce temps de latence. De façon un peu hyperactive, pas pour fuir ou oublier, mais parce que le temps me semblait compté, j'ai mené de front l'écriture, la vidéo et la peinture, mais aussi la marche à pied, la recherche spirituelle, la méditation, les courriers "intensifs". Paradoxalement, et de façon inattendue, c'est un temps où mon expression personnelle a été plus riche que dans les dix dernières années. Ce travail, s'il ne m'a pas guéri totalement, m'a permis de me détacher du problème, de l'englober dans une dynamique de vie, d'accepter et également de vivre constamment en harmonie avec la maladie. J'ai évité de m'en faire une ennemie. Les jours où ça allait bien, je peignais, quand ça allait moins bien, chimio oblige, je passais à des choses moins exigeantes, comme la photo, la prise d'images en vidéo ou simplement la lecture, et j'avais hâte de retrouver un peu de ma forme pour continuer le travail interrompu. Je suis sûr aujourd'hui que le fait de renouer avec une ou plusieurs de nos passions et activités, enfouies par la routine quotidienne, est un outil précieux pour supporter le fait d'être malade, apprendre à guérir, grandir intérieurement et mieux aborder les traitements. Je peux dire que c'est un moment d'une richesse rare que je ne voudrais pas, en fin de compte, avoir manqué. Je ne souffre ni d'angoisse ni de déprime, bien au contraire et je suis certain que c'est grâce à ces activités.Ces peintures, ces vidéos ne sont rien d'autre que des métaphores de l'émotion ressentie, sorte d' «amulettes protectrices», qui transforment l'angoisse et le désespoir en énergie pure. C'est précisément cette énergie qui permet, avec les traitements, de rendre le combat possible, équitable et efficace
La peur tue, c'est clair et au travers de nos actes et créations, ces peurs se transforment en espérance et en force. Paradoxalement, la maladie nous ramène sur le chemin de la créativité en nous proposant le défi de la guérison. Celle-ci n'est possible que si on a une raison de vivre, un projet, une passion, que si l'on retrouve un sens à son destin, qu'on entend un appel qui nous tire hors de la tombe. On guérit en retrouvant le feu, la fantaisie, la curiosité de l'enfance, en retrouvant le sens de la création et de la recréation. J.Ledoux
RENCONTRE AVEC SOI-MÊME:
L'ESSENTIEL EST INVISIBLE POUR LES SCANNER
Une fois la maladie stabilisée, les traitements terminés, c'est comme une scène de théâtre que tout le monde à déserté, sauf le comédien principal, qui va rester là, seul pour se tourner vers l'essentiel, ce qu'aucun outil aussi perfectionné soit-il ne peut percevoir. Il ne faut pas attendre toutes les réponses de la science. Il faut fouiller dans nos profondeurs, cherchers nos propres réponses. Pendantce temps où les projecteurs se détournent de notre maladie, parce que les choses se sont plutôt bien passées, nous devenons pour un temps notre guérisseur, notre infirmier, notre psychologue. Nous nous mettons à notre écoute. Je crois que la guérison est possible, et que guérir, c'est avant tout retrouver la paix et accepter son destin. La maladie est pour chacun un lieu de rencontre avec soi-même, un espace où se mêlent peur de mourir et désir de vivre. Dans cette confrontation, des instruments de guérison nouveaux vont nous aider à consolider ce que la science nous à apporté. Je veux parler de la bienveillance, et de notre relation amicale avec nous-même, de la réconciliation avec notre corps,et de la prière pour certains, de la méditation, de la visualisation et de la pacification de notre esprit.
STABILITÉ: PAS DE DEUXIEME CHIMIO EN VUE!
Le 16 janvier 2008, plein d'anxiété, je suis allé voir l'oncolgue, pour connaitre les résultats du scan qui datait du 8 janvier. Les résultats sont supérieurs à mes attentes. On peut parler de stabilité, puisque la tumeur n'a augmenté que de 0.5mm, ce qui est négligeable, et m'ouvre donc une perspective un peu plus vaste que je n'imaginais. Pour l'instant, pas de chimiothérapie de 2ème ligne en vue (ouf) Je pense pouvoir disposer encore de pas mal de temps de bonne qualité devant moi, peut-etre fêter encore une fois noël, ou plus. C'est en bonne voie. Je crois cependant que l'hygiène de vie rigoureuse va être un des facteur principaux pour retarder l'évolution: activité sportive appropriée - marche -marche rapide, natation, peu d'alcool, pas de tabac, moments de calme, sieste, repos, méditation - activités créatives - alimentation saine et équilibrée. Moi, j'appelle ça le pur bonheur. C'est vrai qu'il y a un an c'était vraiment pas évident, et pourtant c'est vrai.Et je suis tout à fait conscient que de pouvoir encore observer ce qui nous entoure et trouver dans un ciel étoilé, non pas l’explication des choses , mais simplement le contentement d’avoir accès au spectacle est à prendre comme un privilège inouï et unique,dont je peux disposer tous les jours.En attendant, voici le nouveau toubib que je vais avoir dès le 16 janvier. Dr Marie Florescu est en congé jusqu'en septembre, donc c'est Dr Normand Blais qui se tape la chose!. Pour que mes nièces, en France, puissent en profiter de cet homme charmant, je joins ce petit film TVA où Richard Petit donnait un point de presse lors d'une levée de fond pour le lymphome. il présente son médecin, Normand Blais. C'est une façon sympathique de pouvoir et de présenter son nouveau médecin. (pas tout à fait nouveau pour moi, puisqu'il est intervenu au début de mes visites en oncologie, à concocté la recette qui a permis de faire réduire sérieusement la tumeur, c'est lui aussi qui m'avait annoncé que l'ensemble des bobos avait diminué de 50% en juin 2007). Pas inconnu, donc . Mais jetez donc un oeil sur ce lien. Dr Blais apparaît vers le troisième tiers du reportage. http://lcn.canoe.ca/cgi-bin/player/video.cgi?file=/lcn/actualite/arts_spectacles/20060516_petit.wmvUn bronzé plutot sympa qui revient de Floride........dixit R.Petit
QUINZE MOIS PLUS TARD ET TOUJOURS BIEN VIVANT...
La maladie n'est pas sans conséquences. Je ne parles pas de conséquences néfastes, négatives, mais plutôt de l'ouverture proposée par cet état dans mon cheminement personnel .Faire face, comprendre la situation, à trouver du sens à la simple existence. Il n’est pas sûr que je serais allé si loin dans la profondeur de ma conscience, si on m’avait dit que ce n’est qu’un petit refroidissement. Faut-il dire merci à la nature de nous mettre en alerte maximum?. Je crois que oui . Elle appuie là où cela fait mal pour justement montrer que nous existons. Paradoxalement, en nous rappelant que nous sommes destructibles, elle nous fait découvrir les choses simples .Quel bonheur de ne pas avoir de douleurs, quel bonheur d’avoir du temps pour flâner, pour aller voir l'orthophoniste et retrouver ma voix, quel bonheur de sentir les vidanges du printemps en plein hiver. Boire un verre avec un ami, partir quelques jours avec la famille. Lire un livre trouvé dans une ruelle. Quel bonheur. La méditation fait partie intégrante de ma trousse à outils quotidiens. Lutte au stress, stabilité de l'humeur, joie de vivre, harmonie, acceptation de soi, sont les fuits de cette pratique quotidienne, Et c'est pas du vent!A coté de ça, je suis tout à fait conscient que de pouvoir encore observer ce qui nous entoure et trouver dans le ciel étoilé, non pas l’explication des choses , mais simplement le contentement d’avoir accès au spectacle est à prendre comme un privilège inouï et unique,dont je peux disposer tous les jours. J'aime ma vie, j'aime la vie, tout en entier
La compassion comme thérapie? Pourquoi pas?
Supposez que vous soyez atteint d'une maladie comme le cancer, ou le sida. Si, en plus de votre propre douleur, et l'esprit empli de compassion, vous prenez sur vous la souffrance de ceux qui partagent le même sort, vous purifierez sans aucun doute possible, le karma négatif du passé, cause de la continuation de votre souffrance dans le présent et l'avenir.
Je me rappelle avoir entendu parler au Tibet de nombreux cas extraordinaires de personnes qui, ayant appris qu'elles étaient atteintes d'une maladie incurable, abandonnaient tout leurs biens et partaient au cimetière pour y mourir. Là, elles se consacraient à cette pratique qui consiste à prendre sur soi la souffrance des autres. Et ce qui est remarquable, c'est qu'au lieu de mourir, ces personnes revennaient chez elles entièrement guéries."
Sogyal Rinpoché – Le livre tibétain de la vie et de la mort.
INVESTIGATION, DIAGNOSTIC, TRAITEMENTS

SOIGNER LE TERRAIN....
Après avoir appris la nouvelle par l'ORL, j'ai été dirigé vers la"Clinique du Thorax", chezle Dr Hélène Manganas (CHUM). A partir de là on commencé un série d"examen qui on duré un peu plus de 6 semaines.
-Biopsie par bronchoscopie
-Evaluation des onctions respiratoires
-Scan du thorax
-Scan du cou
-Cartographie osseuse
-echo-endoscpie avec biopsie à travers l'oesophage
-echographie cardiaque
-echographie des viscères
-tissus mous-électrocardiogramme
-examen cardio-vasculaire etc...
-Scan du cerveau
Une fois ce bilan terminé, il a permi au Dr Manganas de determiner l'ampleur des dégats (diagnstiqué IIIB) pour m'orienter vers le sevice de Radio-oncologie, étant donné que la location des tumeurs excluait la chirurgie. Là, c'est le Dr Toni Vu, radio-oncologue poumon qui m'a examiné avec les info des précédents examens. Elle avait des doutes sur la pertinence des soins par rayons, parce qu'elle soupçonnait des lésions de types métastatiques à l'intérieurs d'autres lobes du ou des poumons. Nous avons don fait un autre examen assez sophistiqué, TEP/CT scan, avec injection d'un sucre radioactif. Cet examen, en effet, à révelé la présence d'au moins une lesion suspecte dans le bas du poumon gauche. Vue l'étendue de l'ensemble du système aorte-adénopaties médiastinales et cette nouvelle"chose" dans le lobe inférieur gauche, la radiothérapie disparaissait de la liste des options. Dr Toni Vu, a dit: "Je vais vous réferer en hémato-oncologie, pour une chimiothérapie palliative, on peut parler d'un stade IV". Pas drôle à entendre, mais on a pas le choix, on veut prendre ce qui est offert.Quelques jours plus tard, je rencontrais le dr Marie Florescu, qui allait prendre en charge mon traitement de chimio.Le traitement comportait huit cycles de Carboplatin+ Vinorelbine, la première semaine et une injection de Vinorelbine la semaine suivante. Ensuite, un semaine de repos pour récupérer. Et on reprend. Les premiers cycles ont été faciles, mais vers la fin, ça c'est un peu corsé, mais c'est resté quand même supportable.Résultats concréts: Au bout de 4 mois, l'ensemble des tumeurs avait diminuées de 50 %, les pressions que je ressentais dans la poitrine avaient completement disparues. Au bout du protocole complet, on est arrivé à une diminution de pratiquement 70%. La fatigue était intense, mais j'ai trouvé tout ça acceptable. Maintenant, les traitement sont fini depuis six mois et pour l'instant, tout ça semble ne pas trop bouger. Bébé dragon dort tranquillement dans sa grotte. Pour le moment, six mois de stabilité et moi, je me sens parfaitement bien comme ça.Pourvu que ça dure!
L'ESPRIT ET LE MENTAL
L'ESPRIT ET LE MENTAL
. . .INTERVIENNENT-ILS DANS LA GUÉRISON DU CANCER ? .
Composer avec la maladie...
LA TRAVERSÉE
Lorsqu'on est diagnostiqué d'une maladie qui ne guérira pas, le fait de ne pas la avancer tout seul va être déterminant, aussi bien pendant la phase de découverte que lors de l' évolution des différents stades qui seront franchis plus ou moins vite, selon le cas.
La grande question est de savoir s'il est possible de vivre longtemps une telle situation, jusqu'où et à quelle condition, tout en conservant la sérénité, le sourire, les projets et les objectifs que l'on s'était fixé.








